Librairie Arthème Fayard, 2008

21 articles qui nous rappellent des femmes et des hommes qui influencent notre vie mais dont nous avons oublié l'existence. L'auteur les a classés par ordre alphabétique, mais je vais en rendre compte au gré de ma lecture...

Camille Sée

1847-1919

Guizot, ministre de l'Instruction Publique, de 1832 à 1837 posa les fondements de l'enseignement primaire public. Il souhaitait que les filles fassent partie des élèves mais cela ne lui fut pas accordé. Hippolyte Carnot, en 1848, autorisa l'ouverture, au Collège de France, d'un cours destiné aux femmes, et déposa un projet de loi sur l'enseignement primaire qui concernait filles et garçons. Falloux, par la loi de 1850, reconnaît l'enseignement primaire des filles. Victor Duruy, ministre de l'Instruction Publique de 1863 à 1869, outre l'accès gratuit à l'enseignement primaire pour les enfants de familles pauvres, affirma sa volonté de "fonder l'enseignement secondaire des filles". Et Jules Ferry, dont on garde l'œuvre en mémoire...

Mais Camille Sée?

Né en 1847 à Colmar, avocat au barreau de Paris, secrétaire général au Ministère de l'Intérieur de 1870 à 1871, sous-préfet de Saint-Denis, élu député en 1876, il s'inscrit au groupe de la gauche républicaine. En 1878, il dépose une proposition de loi tendant à créer un enseignement secondaire pour les jeunes filles. Votée en 1879 par la Chambre des députés et par le Sénat en 80, elle devient la loi du 21 Décembre 1880, promulguée par Jules Grévy, Président de la République et Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Cela donne lieu à de violents débats où les tenants d'une évolution du statut de la femme se heurtent à des conservateurs qui ne voient le salut de la femme( et celui de l'homme) que dans l' assujettissement de celle-ci aux tâches ménagères, exclusivement... Propos prêtant à rire avec le recul. En 1881, ouvre à Sèvres la première école normale de jeunes filles, grâce à une autre loi votée sous l'impulsion de Camille Sée.

Il mourra le 1er Janvier 1919.

Julie-Victoire Daubié

1824-1874

Née dans les Vosges, en 1824, elle obtient en 44 le brevet élémentaire puis le certificat d'aptitude à l'enseignement primaire supérieur. Mais elle veut faire des études supérieures et la porte d'entrée c'est le baccalauréat. Après des années de bagarre pour avoir le droit de le passer, elle l'obtient en 1861. Las, le ministre refuse de le signer pour ne pas ridiculiser son ministère. Deux ans plus tard il plie et la voilà étudiante. Parallèlement elle milite dans des journaux féministes pour faire avancer la cause des femmes. Elle meurt en 1874.

Madeleine Brès

1842-1921

Madeleine Gebelin est la fille d'un charron de Bouillargues dans le Gard. Elle accompagne souvent son père quand il se rend à l'hôpital de Nîmes pour des travaux d'entretien. Il lui arrive d'aider les religieuses pour soulager les malades. Toute jeunette elle côtoie la maladie, la mort. Peut-être y trouve -t -elle sa vocation?

Mariée à 15 ans, elle passe ses baccalauréats puis,mère de trois enfants, à 26 ans Madeleine doit obtenir l'autorisation écrite de son mari Adrien-Stéphane Brès pour commencer ses études de médecine. Elle a obtenu l'aval du ministre, celui du gouvernement... Elle fait office d'interne à la Pitié, bien que stagiaire car les titulaires sont partis à la guerre, mais quand elle veut concourir pour l'internat, elle se voit refoulée par l'administration des hôpitaux. C'est en 1875 qu'elle passe avec succès son doctorat, mention très bien. Elle se consacre à la médecine des femmes et des enfants, crée une crèche garderie aux Batignolles qui sera inaugurée par Théophile Roussel, auteur d'une loi votée en 71 sur la protection de l'enfance. Elle meurt en 1921.

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