roman

Gallimard, 2012

Pour la partie historique, c'est sans aucun doute du Grand Argentier qu'il s'agit. Mais sauriez-vous expliquer clairement ce qu'était un Grand Argentier? L'auteur nous le fait découvrir: gérant d'un immense entrepôt, entre les grands magasins d'aujourd'hui et les comptoirs des trappeurs, pour l'idée certainement très approximative que je m'en suis fait... Jacques Cœur, à la tête d'un commerce florissant de naves et galées qui sillonnaient la Grande Bleue grâce aux sauf- conduits délivrés par le Sultan et à sa bonne entente avec la papauté qui voulait bien fermer les yeux quand il livrait des armes à la partie adverse. Le commerce se faisait aussi à terre et Jacques était aussi établi en Languedoc, à Montpellier... Grâce à ses associés et ses facteurs qui sillonnaient le monde il pouvait proposer des marchandises exotiques. Enfin il était fort riche, plus que le roi, ce qui n'est jamais bon, l'Histoire nous l'a prouvé à maintes occasions. Le roi, Charles VII, après avoir eu des débuts très chaotiques, renié par sa mère, écarté du trône, avait eu l'heur de voir Jeanne se porter à la tête de ses troupes et l'établir comme souverain... Il n'était pas bien avenant, Charles, dissimulé, retors, craintif, et encore j'en oublie... Il avait pour maîtresse Agnès Sorel, qui mourut fort jeune. Là se fait la jonction entre les fantasmes de l'auteur et l'Histoire telle qu'elle nous est contée. Car Jacques se morfond d'amour pour la jeune et belle femme. Jacques est né à Bourges comme l'auteur; il y a vécu sa petite enfance et rêvé à des horizons plus lumineux, on peut le supposer. Voilà le tour de passe-passe mis en place, Jean-Christophe nous communique ses sentiments, son ressenti, sa philosophie, et les prête généreusement à son compère berruyer.

A lire, tant pour le côté fictif, et peut-être surtout pour lui, que le rafraîchissement de cette période de la Chevalerie finissante.

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