roman traduit du russe

par Lydia Chweitzer

Actes Sud, 1985.

Une jeune femme née des amours tardives et répréhensibles (selon la morale de l'époque) d'une mère presque quarantenaire et d'un père encore adolescent, vivra cachée de la bonne société pour que sa mère, professeur de piano, puisse continuer à avoir ses entrées dans les grandes familles et donner des leçons à leurs rejetons. Leur survie à toutes les deux en dépend...

Le jour où son existence éclate au grand jour sa mère perd ses élèves, sauf Mitenka, génie très inadapté à la vie sociale... Bientôt Sonetchka doit gagner sa vie. Elle joue du piano dans des usines, des clubs. En ce début de période révolutionnaire, elle crie famine et n'est vêtue que de vêtements miséreux. Mitenka l'introduit auprès de Maria Nikolaevna Travina, cantatrice de renom.

Celle-ci rayonne et tout son univers respire l'opulence. Elle est mariée à un commissaire de la révolution qui approvisionne largement leur foyer... Sonetchka va dès lors suivre le couple dans leurs pérégrinations et monter sur scène, dans l'ombre de la diva. Pétersbourg, Moscou, Milan, Paris... . Sa petitesse l'insupporte, elle voudrait qu'on l'applaudisse aussi pour ses performances d'accompagnatrice mais elle reste transparente... Partagée entre son admiration pour sa chanteuse et son envie de la voir disparaître elle l'espionne et pense dénoncer ses rendez-vous galants... Belles descriptions de la société frivole et en miroir de celle qui se bat pour survivre. Sonetchka issue de l'une vivra au milieu de l'autre mais restera une réprouvée, malheureuse, ignorée... Beau portrait de femme.

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