Titre original: The Lost, 2006

traduit de l'anglais (Etats-Unis)

par Pierre Guglielmina

Flammarion, 2007

Ce récit est construit comme une enquête policière, qui se réfère en parallèle aux grands événements rapportés dans la Bible.

Le conteur amène les événements petit à petit, à la manière dont son grand-père maternel l'a nourri d'histoires, en partant du général, en racontant des anecdotes annexes, pour resserrer son récit sur la fin, et maintenir l'attention du lecteur.

De sa connaissance de la Bible il ressort que si Dieu créa le monde il pensa vite à l'annihiler et y parvint presque, avec le Déluge...

D'autres réitérèrent l'exploit en se contentant de catégoriser leurs tueries. Ainsi les nazis s'acharnèrent-ils à faire disparaître les juifs et dans le shetl où se passe l'enquête y réussirent à quatre- vingt- douze pour cent.

Aidés pour quelques cas par les polonais et les ukrainiens qui mirent à profit l'époque troublée pour régler des querelles de voisinage. Depuis la création de ce shetl par un comte polonais dans les années 1500, la population, composée de juifs, polonais et ukrainiens, selon le vœu du fondateur, vivait en bonne intelligence... Il ressort de cette plongée dans le temps que la cession de cette partie de la Pologne aux russes avait réjoui les polonais et les juifs mais pas les ukrainiens qui avaient donné un lourd tribu à Staline: de cinq à sept millions de compatriotes morts de faim par sa faute. Aussi furent-ils soulagés quand la Pologne se retrouva envahie par les allemands...

L'auteur, dans sa quête pour retrouver les traces de vie de son grand-oncle et de sa famille se fait l'écho des disputes, des jalousies qui jalonnent la cohabitation des membres d'une même fratrie. Caïn et Abel en sont un exemple violent...

Ce livre est passionnant. Le lecteur voyage du Nord de l'Europe à l'Australie, en passant par Israël, les Etats-Unis...

Les illustrations, de Matt Mendelsohn, frère de l'auteur, donnent l'impression de feuilleter l'album de famille et participent à s'attacher à cette famille.

Les pages sur la Bible ne sont pas difficiles à survoler, en italique, elles se repèrent sans mal. Il est vrai que pour le commun des lecteurs elles seraient une lourdeur sinon... Et ce serait dommage de ne pas aller au bout de l'enquête.

A lire.

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