Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin

Editions Gallimard, 2001.

L'idée de ce roman est née lorsque l'auteur a visité un musée qui exposait des vues de Rio et des plages de Copacabana vierges de toutes constructions, des jungles peuplées d'oiseaux multicolores, d'indiens nus... Il s'inspire de faits authentiques, le désir de disputer aux portugais l'appropriation d'un bout de terre des Amériques, sous Charles IX, à la Renaissance.

Villegagnon a conquis une île déserte, sans eau potable et sans ressources alimentaires, ce qui le faisait dépendre des trafiquants de la côte. Ceux-ci commerçaient avec les indiens Tupi qui acceptaient les français, mais qui croquaient les autres colonisateurs, ainsi que leurs ennemis issus d'autres peuplades, pour assimiler leur vaillance, leur force...

L'île va recevoir en renfort un envoi de protestants, que Calvin de Genève, envoie pour évangéliser les sauvages. Ces derniers vivent au plus près de la nature, ne prélevant que le nécessaire à la survie du groupe, nomadisant. ( L'humaniste Michel de Montaigne aura pour secrétaire un ancien truchement, et contribuera au mythe du bon sauvage.)

Certains sont contraints au travail, ravalés au rang d'esclave, loin de leur chère forêt. On les contraint à se vêtir, à entraver leur aisance par des oripeaux dont ils ne conçoivent pas l'utilité...

Bientôt les esprits des blancs vont s'échauffer, leurs croyances respectives se heurter, des projets d'assassinat se fomenter. Catholiques et protestants ne se supportent plus et retournent séparément sur la terre de France pour y chercher des renforts...

L'expédition a embarqué de jeunes orphelins qui apprendront facilement la langue des Tupi et serviront de truchements aux colonisateurs. Choc des cultures, descriptions grandioses, laissez-vous emporter par ce beau roman.

A lire.

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