roman

Julliard, 2016

Salonique, 1917, la Grèce a été séparée des autres pays de feu l'Empire Ottoman. Des juifs séfarades vivent dans la ville où leurs ancêtres, chassés d'Espagne, se sont établis après 1492 qui a marqué l'avènement d'Isabelle la Catholique, et la Reconquista. Il y a là les Benveniste, les Amon, entre autres. Ils parlent le ladino, rapporté par leurs familles et transmis à leurs descendants, mais comprennent les autres langues de la cité cosmopolite. Après le grand incendie qui les dépouille de tout ou partie de ce qu'ils avaient vaillamment reconstruit, et les menaces qui planent sur leurs têtes, certains décident de repartir, qui en France, qui en Suisse, en Italie, selon les passeports qu'on leur attribue.  Pour le chef de famille, Maïr Benveniste, ce sera la France. Depuis quelques années il a appris le français grâce aux cours de l'Alliance, ainsi que les siens. La première-née des petits-enfants, Janja devient Jenny pour le grand voyage. Elle perd ses repères et toute la maisonnée qui l'a entourée. Les débuts en France sont terribles pour l'enfant qui doit se plier aux règles de la nurse française et à celles de la cuisine qui l'écoeure souvent. Mais telle est la volonté de l'aïeul, elle parlera ainsi sans accent, connaîtra les us et coutumes et s'assimilera plus facilement... Le temps passe, la famille a pu se regrouper, la fillette suit les cours à Paris, elle se marie, la guerre éclate, après bien des horreurs commises en Allemagne, qui laissaient pressentir le pire. Jenny met au monde une fille, Michèle, dite Michou pour la famille. Son mari, Jacques, juif bulgare, s'engage. Après la défaite, pendant l'occupation, la résistance, tous essaient de se venir en aide. Quand à la fin, la paix revenue, ils font le bilan, certains manquent à l'appel... Jenny et Jacques peu à peu s'enferment dans le silence pour tenter de juguler la fatalité, la peur. Jenny décide de catholiciser son enfant pour que plus jamais de pareilles horreurs ne l'atteignent...

Récit à deux voix, celle de Michou, "victime" du devoir d'assimilation totale, celle de Jenny, qui voulait la sauver.

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