roman

Calmann-Lévy 2013

L'accroche de cette découverte livresque a été la couverture du bouquin: un air de déjà vu? Une familiarité affective...

L'entame du roman nous égare: voilà une famille de rapatriés d'Algérie qui débarque sur un quai de Toulon, en Juin 62. Donc ce sera un récit de Patrie perdue? Bien vite, nous apprenons que les personnages descendent d'un "transporté" en Algérie, il y a cent ans de cela.

Et quel déporté, jugez un peu: Judas! Un nom qui est suspect... Clovis, de son prénom, qui fleure bon la Gaule... Pour l'arrière petit-fils du dit Clovis, c'est sur le sol toulonnais que le Chemin de Croix commence, quand il doit imaginer une destination pour sa petite famille. Il pense à Clamecy dont sa famille est originaire. Le fonctionnaire chargé de l'orienter vers un point de chute en Métropole  n'a pas une grande estime pour la Nièvre qu'il juge plus hostile que Saint-Pierre et Miquelon!

Clamecy, sur les bords de Loire, est une bourgade qui vécut autrefois du transbordement du bois, et l'aïeul de nos immigrants était un de ces flotteurs qui accompagnaient les trains de bois jusqu'à Bercy, pour chauffer la Capitale.

Nous voilà au coeur de l'intrigue du roman: la vie sur le fleuve, la vie autour du fleuve! Comment on devient flotteur, les joutes! Très surprenant, on connaît celles de Sète, mais moins celles de Clamecy! Et nous voilà en plein drame: nos républicains tentent de sauver la République lors du coup d'Etat de Napoléon qui deviendra le troisième... Et c'est eux qui se font jeter! Tués, déportés, annihilés! Un épisode peu glorieux que je ne connaissais pas et qui est bien raconté.

Alors, moi, qui suis née en Nièvre, j'ai eu beaucoup de plaisir à renouer avec ce beau pays des eaux vives, et je vous souhaite à vous, lecteurs, de le découvrir à travers ce récit romancé, vous serez je l'espère, enthousiasmés comme je l'ai été...

A lire!

 

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