Éditions du Seuil

2009

  Au début du roman, Choutov, écrivain russe exilé à Paris, s'habitue peu à peu à l'idée de ne plus vivre avec sa petite amie, Léa, à la souffrance de la séparation.
Il est hanté par une phrase, extraite d'un roman de Tchekhov Je vous aime Nadenka et la nostalgie de ses années d'étudiant à Léningrad. Il revoit en pensée une jeune fille, un parc...
  Sa carrière s'enlise; pour fuir la rencontre prochaine de Léa et de son jeune compagnon, il décide de partir en pèlerinage en Russie.

  Ses brèves recherches sont fructueuses, il retrouve Iana, la cinquantaine triomphante. Elle l'accueille dans un immense appartement qu'elle a obtenu en réunissant des petits logements misérables. Tout y est dernier cri, et Choukov a du mal à se sentir bien dans ce décor.
   Dans Pétersbourg rebaptisée, Choutov va d'étonnement en étonnement. Il avait quitté la Russie soviétique, en décalage sur les modes de vie occidentaux, il s'y retrouve en 2008, au 21e siècle, et la ville n'a plus rien à envier aux villes européennes contemporaines!
  Comme Iana est très occupée par ses fonctions de femme d'affaires, il est confié au fils Vlad. D'ailleurs celui-ci travaille dans l'édition, il rentre justement d'un voyage à Boston. Il accepte, pour ne pas contrarier sa mère de ne pas quitter sa surveillance du vieil infirme, muet, qui occupe encore une petite chambre, empêchant la fin des travaux.
  Qu'il est atroce ce sentiment de honte qui s'empare de nous à voir traiter le vieillard en objet encombrant! Ils craignent que sa mort, avant son évacuation, ne vienne entacher leur réputation et ne freinent leurs affaires. Bref, pour permettre à Vlad de retrouver une nuit sa petite amie, Choutov accepte de le suppléer comme garde-malade. Et là l'incroyable se produit.
  J'avais été bouleversée par Le Testament français à sa sortie. Ici A. Makine nous livre des réflexions sur des faits lointains et gommés toutes en finesse. Il parle juste, sobrement, de l'humain, de ses peines, de son endurance, de ses joies. C'est un hymne à la paix, au bonheur sans fioriture.

A lire.

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