COIntroduction, notices et notes
                    par
                    Pierre Citron

                    professeur à la Sorbonne Nouvelle

                   éditions GF-Flammarion
                   1980

  Je pense que le recueil compte 29 contes. Chacun a été publié dans des journaux, au XIXe siècle.
  Les demoiselles de Bienfilâtre, du nom de leur géniteur. Ce sont des dames de petite vertu, reconnues et respectées, jusqu'à ce qu'une d'elle tombe amoureuse. Là tout se détraque! Étonnant... (9pages)

Antonie 2 pages, dans la même veine que ce qui précède.

Maryelle. Encore une histoire de femme vénale, 11 pages qui ne sont pas en l'honneur de Villiers. Ce rustre refuse à la femme qui fait commerce de son corps toute vélléité de sentiment, lorsque les hasards de la vie lui en donnent l'opportunité. Il mérite de figurer dans les contes cruels. (9 pages)
  Véra. C'est l'osmose entre un veuf et sa défunte femme ou comment la puissance des souvenirs, des évocations fait littéralement revivre les morts, et permet aux survivants de continuer "comme"ou "malgré". Très beau.(10pages)
  Vox populi. Quatre pages pour nous rappeler la guerre de 70, la Commune, la misère et cet aveugle qui martèle "prenez pitié d'un pauvre aveugle". L'écriture est étonnamment actuelle. 
  Deux augures. C'est l'éloge de la médiocrité faite par un directeur de journal. Il s'ingénie à chasser le talent, entendez à le renvoyer car ce qui l'intéresse c'est le chiffre, les abonnements. Cela m'évoque, avec un grand siècle de décalage, les programmes télé d'aujourd'hui, ceux qui sont vendeurs.(13 pages)
  L'affichage céleste.
Paru en 1875, très moderne de ton, l'auteur râle après la publicité qui envahit son environnement. Il échafaude des plans de projections sur le ciel, afin de ne pas gaspiller de place... Que dirait-il aujourd'hui? (5 pages)
  La machine à gloire.Villiers imagine une claque automatique. Que n'a-t-il eu le bonheur de vivre un siècle plus tard! 13 pages. Vieilli, de peu d'intérêt.
  Duke of Portland. Un jeune homme pousse la provocation jusqu'à serrer la main d'un lépreux, signant par là même la fin de son mode de vie mondain.6 pages.
  Virginie et Paul. 5 pages de souvenir d'amours adolescentes, qui vibrent en rêvant... de l'argent qu'ils posséderont! On a vu plus romantiques!
  Le convive des dernières fêtes. 24 pages pour nous narrer la folle soirée de deux oisifs et de trois demi-mondaines, qui ont la mauvaise idée d'inviter un parfait inconnu pour équilibrer la parité homme-femme. C'est de loin le conte le plus réussi!
  A s'y méprendre! 4 pages pour approcher l'enfer de la finance. Sans intérêt.
  Impatience de la foule. Le lynchage médiatique, manière grecs anciens, vu par Villiers, un vrai bonheur! 8pages.
  Le secret de l'ancienne musique.Une fabulette loufoque, un spécialiste du "chapeau chinois". 5 pages.
 Sentimentalisme. 9 pages pour nous conter la détresse d'un artiste qui n'eut pas le courage d'affronter une séparation, "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" pourrait en être la morale? Disproportionné!
  Le plus beau dîner du monde. Un de mes préférés, 8 pages qui nous permettent de nous fondre dans cette société bourgeoise du XIXe et d'en approcher toute la mesquinerie... ordinaire!
  Le désir d'être un homme. 10 pages pour cette "nouvelle" qui auraient pu, seules, justifier le titre du recueil. Il s'agit là d'un acteur âgé, qui décide de finir ses jours à l'abri d'un phare désaffecté et qui pour occuper son esprit décide d'une action scélérate qui l'emplisse de remords. Il réussit le crime mais n'a pas de remords, ce sera sa punition. Absurde et étonnant!
 Sombre récit, conteur plus sombre. 9 pages où la nouvelle se mêle au théâtre, où Villiers prend un malin plaisir à noyer son lecteur dans la réalité-fiction; je crois décidément qu'il n'est pas né au bon siècle, il eût aimé les marches de Cannes, la telé-réalité, c'est un cabotin-né, qui aime ce milieu, qui s'y vautre, s'en est déplaisant, à la longue! Même veine que le précédent, acteur qui s'admire vivre...
 Fleurs de ténèbres. 2 pages qui content comment les croque-morts arrondissent leurs fins de mois!
 L'appareil pour l'analyse chimique du dernier soupir. 8 pages, embryon de tous les gadgets que nous recommande la VPC qui en était sûrement à ses balbutiements. Bof...
 Les brigands. 7 pages, la peur de perdre leur argent amène des rentiers à s'entre-tuer. Réussi, j'aime la morale, les petites gens qui savent que de toute façon elles seront accusées et qui se sauvent après avoir tiré les marrons du feu.
 La reine Ysabeau. 7 pages pour conter la délicieuse vengeance d'une maîtresse royale...
L'intersigne. 18 pages ou les affres d'un rêve prémonitoire. Bien conté, on frissonne!

L'inconnue. Bizarre, quel mélo! 13 pages totalement démodées pour vanter la femme idéale, celle qui sait tout d'avance, qui peut afficher la physionomie qui convient à chaque situation, sans en rien entendre (ni lire, cela va de soi). Quel mépris pour l'être pensant dans ces lignes. A oublier. 
Suivent des poèmes, un conte sur des tribus juives...
Merci à M. Pierre Citron d'avoir expliqué chaque conte, sinon leur lecture, déjà fastidieuse (336 notes) en aurait été impossible!

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