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roman

Éditions Maurice Nadeau 1994

J'ai lu 1997

 

  Le narrateur nous plonge au coeur des années 70 quand il y avait encore des chefs de service pour refuser le secours de l'informatique (au Ministère de l'Agriculture ou ailleurs), et mettre le logiciel au placard. Eux vivant la gestion continuerait à se faire à l'ancienne, à la main. Ça fait rêver. Combien d'humanité y aurait-on gagné? Combien d'emplois sauvegardés? Mais tel n'était pas le Grand Projet et son évolution.

  Sinon? Le narrateur nous entraîne dans sa lente mais sûre descente dans l'enfermement. Le sien, qui erre entre les réminiscences de sa dernière relation amoureuse et une autre possible. Il parle le plus souvent de la femme comme d'un vagin ou d'un utérus; l'homme dispensateur de spermatozoïdes. C'est très réducteur cette façon d'envisager le couple. Ici pas de complémentarité, pas de bons moments partagés, pas de joies de la parentalité. Rien que des relations bestiales.

  Il y a Raphaël le collègue-cobaye: laid, repoussant, puceau, il est observé dans ses tentatives de rapprochement avec un vagin accueillant, encouragé puis poussé au crime. L'épisode en boîte de nuit est navrant. Le vocabulaire répétitif "nègre"a des relents nauséabonds. Qu'il ait été employé pour décrire la non-sensibilité du "héros" peut se justifier mais qu'il soit répété maintes fois relève de la provocation. Tout comme la réduction des êtres humains à leur fonction animale.On peut se cacher derrière l'état dépressif du quidam qui a perdu le sens des réalités. Ou qui les ressent trop bien: amertume sans fond de celui qui est coupé de ses congénères, qui vit dans sa tour d'ivoire, qui observe plus qu'il ne partage.

  L'ensemble est récréatif, bien écrit, change des histoires qu'on a d'ordinaire sur le marché. C'est à lire! 

 

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