bat.jpg

Roman

Phébus

Préface de

Amin Maalouf

Traduit de l'anglais(Turquie)

par Aline Azoulay

 

  Un peu plus de trois cents pages et dix-huit chapitres pour ce roman envoûtant, publié en Turquie où il faillit attirer les foudres de la justice:

 "en 2006, j'ai été amenée devant la justice turque, au titre de l'article 301 du code pénal turc, pour avoir "insulté l'identité nationale"... mais j'ai finalement été acquittée"

peut-on lire dans la page des remerciements.

  Moi qui ne suis pas née là-bas, ce livre m'a donné une furieuse envie d'en savoir plus. Une civilisation capable de produire un art culinaire aussi varié mérite qu'on s'y attarde. On a envie d'être l'hôte de cette famille de Stambouliotes plus ou moins déjantées profondément unie, humaniste, abîmée par le Destin, mais qui lutte. Le ressort du roman fausse un peu la réalité, par essence même, je sais bien que c'est une lapalissade, mais j'insiste car à travers une oeuvre romanesque on peut atteindre son objectif. Les petites gens se ressemblent souvent, quels que soient leurs dirigeants. Ici, on a affaire à des peuples cousins par leur culture, qui ont vécu imbriqués des siècles durant dans un même Empire, sous des lois et un Ciel plus ou moins cléments.

  Les histoires mêlées de ces Turc musulmans et de ces Arméniens chrétiens nous permettent une fois encore de sentir la fragilité infime de cette frontière des âmes qui sépare quand elle devrait unir.

  Très beau roman, mérite des récompenses.   

Retour à l'accueil