LA-MALA.jpgroman

           1974

           traduit de l'espagnol

           par Claude Couffon

           1986

           Bernard Grasset

 

  Quel bonheur que cette prose fluide qui dit les choses simplement, on se laisse envoûter par l'histoire dès le premier chapitre.

   Dans les 36 premières pages on fait connaissance du village, un corbeau sévit par voie d'affiche placardée devant le domicile des soi-disant contrevenantes à la morale, un crime est commis. Dans les 32 suivantes, on apprendra que la rumeur est l'âme de ce village, depuis toujours.

  "Les Asis sont jaloux... C'est la plus grande calamité de cette maison""Adalberto Asis avait connu lui aussi le désespoir.".."On murmurait qu'il avait assassiné dans cette même chambre un homme qu'il avait trouvé couché avec sa femme et qu'il l'avait enterré clandestinement dans la cour. La vérité était différente: Adalberto Asis avait tué d'un coup de fusil un singe qu'il avait surpris en train de se masturber sur la poutre de la chambre, les yeux fixés sur son épouse tandis que celle-ci se changeait. Il était mort quarante ans plus tard sans avoir pu corriger la légende."

  Un peu comme dans Don Camillo le maire et le curé ont une grande importance. Ce dernier censure les films annoncés par haut-parleur d'une volée de cloches! Le premier magistrat va essayer de faire fonctionner la justice qui n'a plus droit de cité depuis l'assassinat de l'avant-dernier juge...

   Drame de la dictature militaire en Colombie, témoignage romancé de l'horreur au quotidien, des vieux démons assoupis qui resurgissent, ce livre  interpelle la conscience universelle qui s'est laissée bercer.

   Détail non négligeable: le roman ne fait que 280 pages, quand toutes ces choses indigestes qui remplissent allègrement les biliothèques en font le double.

    Un pur plaisir à savourer deux fois plutôt qu'une!

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