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roman

Éditions du Seuil

1992

 

   Dans ce roman, Charles Yared, fils de Sélim (Batrakani par sa mère) nous attire dans les tréfonds de son histoire familiale. "Dans les années 1860, après leur arrivée en Egypte, Elias et Linda Batrakani avaient vu la ville moderne naître sous leurs yeux...".  Nous voici entraînés à la suite de son arrière-grand-père Elias de la Syrie en Egypte, mais nous ne quittons pas l'Empire Ottoman. Il nous rappelle que "le khédive Ismaïl avait la ferme intention d'appliquer au Caire les recettes de Hausmann". L'inauguration du Canal de Suez se profilait déjà à l'horizon des prochains mois...

   Nous faisons connaissance avec l'occupation anglaise et sa bureaucratie; nous comprenons l'urgence qu'il y avait à inventer un système d'égoûts et de ramassage des ordures dans la ville du Caire...

  1905, débuts de l'émergence d'une ville nouvelle en plein désert, désirée par le baron belge Empain. 1912, elle compte un millier d'habitants. Sa basilique est une copie réduite de l'église Sainte-Sophie de Constantinople et son champ de courses attire les turfistes cairotes...

  Georges Batrakani a son bac en poche. Il devient greffier. Le salaire est maigre et il s'ennuie. Il a la bosse des affaires et se lance dans le commerce de pommades.

  Michel, fils de Georges Batrakani, élève chez les Jésuites, a été choisi pour réciter Le laboureur et ses enfants pendant la visite du Sultan, Hussein Kamel. Sa vie durant sa famille gardera le souvenir de cette journée...

   Georges est marié à Yolande Touta et voici qu'àprès quatre mâles une deuxième fille voit le jour. Il en est mortifié, persuadé de devenir la risée de ses connaissances! C'est Viviane, ce bébé brun. Elle deviendra dans vingt ans la mère de Charles notre conteur...

     Chez les Batrakani, Georges a consolidé sa position sociale, les enfants ont grandi. L'aîné est devenu Jésuite malgré l'opposition de son père...

  Grâce à une interview sur l'usage du tarbouche (banni par le républicain Ataturk) publiée dans  l'Illustration égyptienne, qu'un ami syrien haut-fonctionnaire fait lire au roi Fouad, celui-ci va faire Georges bey de première classe "pour services exceptionnels rendus à l'industrie locale"... 

   Ce récit tire les fils entre les membres de la tribu Touta- Batrakani. Il éclaire aussi la lectrice émerveillée que je fus d' Une soirée au Caire, cette prose m'enchante, me fait rêver de cet Orient à la fois si proche et si lointain.

  Lisez ou relisez ce beau roman. 

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