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Éditions du Rouergue

2008

  Magnifique roman, descriptions fouillées, que ce soit la tempête, la mer, l'intérieur des foyers, on a l'impression d'y être.

  Très belle écriture, beaucoup de pudeur dans l'évocation des sentiments de ces âmes qui se cherchent.

  Le roman est construit à la manière d'un polar. Un naufrage, 40 ans plus tôt a endeuillé Lambert. Ses parents ont péri, la mer n'a pas rendu le corps de son petit frère. Depuis il attend que le coupable avoue. Il soupçonne Théo, le gardien du phare en 1967 d'avoir éteint la lanterne alors que sa famille rentrait d'une escapade à l'île d'Aurigny.

  Et il y a la narratrice. On sait qu'elle habite la Griffue, sur le port, que Morgane y loge aussi avec Raphaël son frère sculpteur. Elle nous dit qu'elle était prof de Bio à l'Université d'Avignon, "Après toi j'ai pris 2 ans de congé sabbatique, j'ai cru crever. Je suis venue ici", la Hague, où elle travaille pour le centre ornithologique de Caen. 

  La narratrice va fouiller le passé lointain de Lambert, qui l'attire, pour tenter d'en dénouer les fils. Peu à peu elle va se familiariser avec les acteurs de cette tragédie qui s'est jouée dans l'intimité de ce bout de terre et que tous connaissent sauf elle et Lambert.

  Théo, le Vieux est marié à la Mère, qui vit chez Lili. Le Vieux a partagé sa vie entre son devoir et un amour parallèle.

  Max, amoureux de Morgane l'est aussi des mots. M Anselme, qui a connu Prévert, voudrait marier Morgane, lui aussi. Celle-ci semble vivre une relation trop fusionnelle avec son frère.

  Nan porte des robes noires sur lesquelles elle a brodé son histoire, c'est elle qui coud les linceuls et les brode, elle aussi qui attend que la mer lui rende une part de sa famille.

  Tout au long du récit  la tragédie qu'a vécu la narratrice et qu'elle nous distille petit à petit, s'entremêle au "présent" du roman .

  A lire.

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