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Éditions Gallimard 1989

 

  Anvers. Paris. Florence. Londres. Chambord... La vie d'Edouard se brûle entre ces étapes à la recherche de bouts d'enfance. Il fait commerce de jouets anciens, chers, très chers. Il se bat pour en détenir le monopole. Des femmes meublent son existence, la traversent, au gré de ses voyages. Il ne s'attache pas, sauf à Otti la tante qui l'a élevé dans sa petite enfance et dont il a été brusquement arraché et à Mira, quatre ans, qu'il idolâtre. Un seul ami, Pierre, homosexuel, géant qui cultive des bonsaïs. De loin en loin: la découverte d'une petite barrette verte, le bas d'un buisson au jardin du Luxembourg, des impressions diffuses lui font penser qu'il y a eu un avant, une fillette qui a été sa compagne d'école et dont il a du mal à retrouver le souvenir... Lorsque sa tante Otti le charge de lui trouver une gentilhommière où se retirer du monde, c'est près de Chambord qu'il réalise son voeu. Il revit là la visite scolaire où il monta l' escalier à vis du château à reculons, en miroir de sa petite camarade. Et toute l'essence du roman est contenue dans cette image. Il ne trouvera l'apaisement que lorsqu'il aura remonté à reculons tous les échelons de son existence pour dénouer le noeud qui l'emprisonne depuis l'enfance. Ca ne se fera pas sans difficulté, ni sur le divan d'un psy, des indices semés sur son chemin: une menotte collante de sucre, un rayon de soleil, un piano, un chagrin d'enfant le conduisant à sa vérité.

  Beau livre, un peu pesant, les enrobages de la vie professionnelle du héros m'ont gênée mais ils font partie du décors. J'aime la quête identitaire.

  A lire. 

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