En ce moment j'ai le moral dans les
chaussettes. Rien de spécial, non, avec le temps d'automne je me fais cueillir par le spleen.
Ce qui est étonnant c'est que je sens quand ça me tombe dessus. Vendredi dernier j'ai ressenti les premiers symptômes. Bof, ça passera. Je n'y pense pas mais c'est en moi et au moindre
incident ça me sort par les yeux. C'est déroutant pour les autres et tellement désagréable pour moi!
Hier donc, en cours, le prof s'est laissé entraîner à des digressions sur la parité hommes/femmes et sur les ribambelles de veuves qu'il voyait dans les aéroports. Rien de bien méchant, sauf
que je me cramponnais pour ne pas craquer, ne pas fondre en larmes. Ne pas faire d'esclandre, ne pas lui crier " vous ne vous êtes jamais demandé si elles étaient heureuses de cette
situation?" J'en ai été à deux doigts. Heureusement, il s'est arrêté à temps, d'ailleurs une collègue lui a demandé s'il était sûr de croiser des veuves et non des célibataires par choix, et
cela m'a peut-être sauvée.
Pauvre innocent! Il ne peut imaginer le calvaire que nous endurons. Je le soupçonne, sous des dehors bonhommes d'être le plus grand des misogynes. Il commence presque toutes ses
phrases en assurant qu'il est pour l'égalité homme/femme, mais il en parle un peu trop pour que ce soit inné.
Enfin, ses efforts pour s'en persuader sont louables, et je ne lui en veux pas. Je n'ai pas souffert de cette discrimination, donc, ça ne me touche pas.
Sauf que Mardi je ressentais chacune de ses paroles comme un coup de poignard, j'essayais de m'en détacher en observant l'arbre secoué par le vent, derrière la vitre, mais elles
m'atteignaient en plein coeur. En plein cerveau plus sûrement, il y a une parcelle de drame qui y reste enkistée et qui resurgit à la période anniversaire, sans que j'y puisse rien
changer.
Quant à la fin de la séance il nous a remerciés j'ai pu prononcer la formule rituelle "merci à vous" avec le sourire. Il n'aurait plus manqué qu'il s'aperçoive de mon mal être et me demande
"ça va?". Non, j'ai réussi à donner le change. Il a seulement demandé si les cours n'étaient pas trop difficiles et là, pas de souci, tout va bien, Monsieur.
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accroc de lecture, d' infos, aime les gens dans leur complexité; préfère le silence à toute manifestation bruyante...
savoure les chansons à textes et le Classique.
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