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Éditions Gallimard, 2002, pour la présente édition.
1932
Le puits aux images. 10 pages.
Scènes de la vie rurale; pas bucolique, alcoolique. Des femmes tabassées, humiliées, terrorisées; des hommes populaires, bons copains, fiers de leur état. Et le progrès en marche, le progrès ses attraits et ses lendemains qui déchantent. Poétique à en pleurer.
La retraite de Russie. 9 pages.
Voici un récit qui nous enchante par la magie des propos échangés entre des gamins qui découvrent la vie. Il y a Léon Jars, le cancre (avec un nom prédestiné!), initiateur de Petit Doré, élève modèle, la fierté du maître d'école (comme on disait alors). Souvent les querelles entre eux se mêlent à des questions philosophiques du pour ou contre les bienfaits de l'enseignement. Jusqu'à ce jour fatidique où Léon Jars ne digérant pas sa défaite à la course dénonça le laisser-aller complaisant de Petit Doré à son égard. Et là Petit Doré en arrive à mettre en doute la supériorité de l'Instruction. Il est raccroché à celle-ci grâce aux prouesses  tout autant imaginaires que consolatrices d'un "rouquin" nommé Ney...
Les mauvaises fièvres. 12 pages.
Un vieux couple. Des souvenirs, des regrets, des reproches mille fois ressassés. Enfin Maximilien espère bien que la vieille passera la nuit prochaine. Tout guilleret il s'en va au village et annonce la "bonne" nouvelle à la secrétaire de mairie. Hélas pour lui l'Esther est toute requinquée quand il regagne le logis et des reproches plein la bouche. Il n'est pas question pour le Maximilien de perdre la face: il intervient donc pour hâter la fin et s'en va sur la route au-devant du monde qui va s'en venir pour la veillée. 
Noblesse. 13 pages.
Voici à nouveau un témoignage de la vie pas toujours rose du petit peuple au début du XXe siècle; pas d'assurance chômage, pas d'indemnités il fallait chercher toutes les opportunités pour manger, au jour le jour.
Ici on nous décrit le monde du cinéma avec ses figurants qui sont choisis lors d'un casting ( le mot est hors de propos!) au moment même du tournage. Et voilà que chez ces miséreux les rivalités se font jour, les velléités de paraître, d'incarner qui le peuple, qui la noblesse. Et le drame se noue, les épées sont tirées...
A et B. 12 pages.
Voici quelques feuillets savoureux encore pris sur le vif et qui nous replongent dans la douceur des années de collège au début du XXe! On notera la suprématie du latin et donc de tout ce qui lui est attaché: le professeur et tous les éléments de la classe, même les cancres! Hélas! Une réforme oblige à regrouper les élèves de la classe d'élus à ceux de B qui n'ont pas été admis à recevoir le don du latin. Le professeur fait montre de toute la mauvaise foi dont il est capable pour mépriser ces indignes... Enfin pour nous c'est une vraie délectation ce parfum de vieux papier!
Pastorale. 29 pages
C'est un conte extraordinaire où l'auteur laisse son imagination débridée inventer l'avenir du Pays, au temps de la XVIIe République. Surpopulation, manque de place et de terres arables, architecture tout en hauteur... Pas vraiment plaisant le résultat...
Les clochards. 11 pages.
Entraide entre miséreux, une bouche de métro pour tout royaume et une nuit au chaud entre humains suffisaient à Dominique et à ses compagnons d'infortune qui se tassaient un peu plus pour accueillir un nouveau. Jusqu'au moment où des relents de fortune vinrent les titiller et leur faire voir en tout individu un voleur possible, un profiteur patenté.
L'individu. 12 pages.  
Une panne d'ascenseur, un rêve vengeur et voilà une page familiale qui se tourne bientôt. Plus drôle que les deux précédents.
Le clair de lune. 13 pages.
Conte où une fée qui sort d'une pénitence de 900 ans se trouve confrontée à la bêtise légendaire de la maréchaussée et à son vocabulaire particulier, où son désir d'accomplir un prodige en amours déçues lui vaut la haine de la dulcinée; bref un conte de fée où tout se détraque ça fait une belle preuve que rien est définitif ici-bas...
La lanterne. 6 pages.
Diogène le Cynique qui cherche l'homme, qui sort de son tonneau et s'en va avec sa lanterne éclairer les ignorants...
Enfants perdus. 7 pages.
Nous voici confrontés à un cas de conscience: peut-on sauver l'homme de son destin, peut-on jouer à lui redonner vie après trépas? On retrouve avec plaisir la Complainte de Mandrin dans cette folle fable.
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