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Éditions Gallimard, 2002, pour la présente édition.
En prologue de ce recueil l'auteur nous confie la source de son inspiration: ces histoires lui furent contées par un chat perché sur un pommier fleuri  qu'il délivra par un beau matin de printemps d'une fâcheuse posture. Il nous les distille à son tour car il n'en est que le dépositaire ... Elles sont destinées aux êtres qui ont encore la grâce de pouvoir dialoguer avec les animaux...
Le loup. 15 pages.
Craint des hommes depuis toujours, le loup incarne la peur du prédateur chez lui. Mais pas chez elle! Elle? Marinette, dernière née à la ferme. Non, ce n'set pas une agnelle, ni une poulette, mais une adorable fillette aux boucles blondes. Avec Delphine, sa grande soeur, elle a promis à ses parents de rester bien sagement enfermées, de n'ouvrir à quiconque, en leur absence.
  Delphine et Marinette jouent aux osselets. Elles se lamentent car elles ne sont que deux. Leur sont donc interdits: la ronde, la paume placée, le furet, la courotte malade, la mariée, la balle fondue... "Ah! Si on était trois...".  C'est alors que le loup se fit pressant derrière la fenêtre, il était transi, une patte le faisait souffrir, il demandait un peu de charité, le laisser se chauffer au pied du fourneau. Marinette lui aurait cédé sur le champ mais Delphine tempéra ses ardeurs. Elle qui adorait aller à l'école et en tirait de grands profits, n'avait oublié ni Le petit chaperon rouge, ni Le loup et l'agneau! Mais après qu'il eût confessé qu'il regrettait amèrement ces débordements, on fit entrer le loup et on ne le regretta pas. Il se montra un compagnon délicat, leur conta des tas d'histoires de la forêt et accepta d'apprendre à jouer. "Il chantait avec une assez belle voix de basse les couplets de Compère Guilleri ou de La Tour, prends garde." Jamais le loup n'avait tant ri! Après qu'il eût prêté son dos pour le jeu du cheval, il lui fallut quitter ses amies car on craignait la réaction des parents. Ils perçurent d'ailleurs une odeur de loup en pénétrant dans la cuisine . La chose était si invraisemblable qu'il l'oublièrent.
  La semaine suivante, après leur départ, le loup revint trouver ses amies. On lui apprit à jouer au loup. Caché sous la table, il se tordait les côtes de rire tandis qu'aux questions de la comptine il répondait plaisamment.
  Et que croyez-vous qu'il arrivât?
  A lire et relire, bonheur assuré, tant ça fleure bon l'encre sur les doigts, la quiétude rurale, l'enfance! Indémodable.
 
Les boeufs. 18 pages.

  Le boeuf roux et son frère le boeuf blanc vivaient très heureux dans la ferme des parents de Delphine et Marinette. Avec la remise des prix et le discours du sous-préfet arrive le long temps du désoeuvrement. Les petites se désespèrent de ne pouvoir faire partager à quiconque leur amour des études. Elles ont l'idée d'instruire les boeufs.

Très beau conte, qui a bercé notre enfance et qui peut être relu avec succès à nos aînés, drôle, plein de bon sens paysan...
Le petit coq noir. 17 pages.
Le coq noir part au bois admonester le renard. Chemin faisant il croise Delphine et Marinette qui le guident et font sans même y penser l'école buissonnière. Le malin renard enveloppe de beaux discours le coq et le persuade d'aller chercher toutes les volailles du village pour vivre en liberté sous sa bonne garde. Les fillettes sont contraintes de devenir complices. Bien sûr les vacances en forêt ne sont pas sans risque pour les volatiles; quant au renard il engraisse à vue d'oeil.
Morale de l'histoire: ce n''est pas beau de mentir de faire des cachotteries et d'écouter les discours d'un envieux...
Le chien. 18 pages.
Voici un conte pour édifier les lecteurs, tout pétri de bons sentiments; l'abnégation y dispute au dévouement la place de choix et beaucoup de larmes ont dû couler dans les chaumières au récit de ces amis pour lesquels il n'y a point de trop grand sacrifice dès le moment où l'on soulage un ami de sa peine.
Les amis, qui sont-ils? Le noyau du cercle c'est Delphine et Marinette. Elles rencontrent un chien errant qu'elles mènent à la maison. Premier miracle, si j'ose employer ce mot connoté religieux, les parents fondent devant le corniaud et acceptent de l'adopter. Le chat devient son ami et quand on sait l'inimitié qui s'attache à ces deux êtres on comprend bien que c'est de l'ordre du surnaturel. Mieux encore, le chat en vient à épargner une souris dont il vante les qualités morales, et qu'il protège dès lors.
Mais, me direz-vous, il n'y a là rien que de très naturel dans le monde des contes. C'est parce que vous ne savez rien de la teneur du sacrifice que s'imposent et se déchargent ensuite sur leurs amis, nos héros. Comment connaître le noeud de cette édifiante histoire? Il s'agit de la lire, elle est passionnante, vous en aurez une grande satisfaction. Sachez encore et j'en aurai terminé que la liberté est une composante essentielle de cette historiette.
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