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Éditions Gallimard, 2002, pour la présente édition.
Le passe-muraille. 9 pages.
Un obscur gratte-papier d'un tout autant obscur Ministère se taille un quart d'heure de gloire anonyme car il a le don de franchir les murs. Il aurait pu s'en contenter et vivre longtemps heureux et nanti grâce à tous les vols dont il se rendait coupable mais il avait soif de gloire. Il voulait être reconnu. Ses séjours en prison étaient prétexte à galéjade. Hélas souvent expérimenté, franchir des murs épais ne le contentait plus. Il lui fallait courir le monde pour se frotter aux Pyramides mais le dieu Éros en décida autrement...
Les Sabines. 26 pages.
Épouse effacée d'un petit fonctionnaire, Sabine se sait atteinte d'une maladie incurable: l'ubiquité! Elle va en user avec parcimonie d'abord , se contentant d'un seul amant artiste-peintre, puis d'un second mari, puis accidentellement et presque sans le vouloir la fringale va la prendre et elle va se multiplier à l'infini. Joli conte amoral!
La carte. 14 pages.
Reprise de l'idée exploitée dans Le temps mort. Variante: ce n'est pas la nature qui efface la vie mais le gouvernement qui attribue des jours de vie réelle aux productifs, jeunes et en bonne santé! Période sombre des tickets de rationnement, de la petite mort ou non existence, vie entre parenthèses et du marché noir. Le parisien tente de détourner le côté lugubre en organisant des départs "swings" mais le coeur n'y est pas; et il y a les exemptés, ceux qui traversent la période noire sans en souffrir...
Le décret. 18 pages. 
Le prétexte de ce conte est le passage à l'heure d'été pendant la guerre. L'auteur imagine que l'homme tout puissant va bouleverser l'ordre établi, le déroulement de la chronologie, de la notion même de temps. Ce stratagème lui permet d'imaginer la vie en rose, bien longtemps après la fin de l'occupation, des restrictions de la peur, de la guerre.
Le proverbe. 12 pages.
Joli morceau de bravoure que ce devoir de français... Que de bonheur à le relire, que de nostalgie pour la bonne vieille rédaction d'alors. Le père, tyran familial, vient de recevoir les palmes académiques. La tablée familiale n'en a que faire et ne songe qu'à fuir les invectives de la scène qu'il leur fait subir, une fois de plus. Son courroux s'abat sur le gamin qui a passé son jeudi avec les copains et qui n'a pas écrit le moindre mot de sa rédaction, qu'il ne comprenait pas. Le père s'énorgueillit d'y pallier... 
Légende poldève. 9 pages.
Quand on a pour but dans la vie terrestre d'entrer au paradis il faut s'en souvenir, toute honte bue. Conte de soudards...
Le percepteur d'épouse. 12 pages.
Nous voici revenu au temps de l'indéfrisable, des toilettes qui sortent de chez la couturière de cette petite ville de province . Or ce train de vie coûte cher, si cher que ces messieurs, à commencer par le percepteur n'ont pas assez de revenus pour payer leurs impôts. Une idée saugrenue les sauve de la déchéance; saugrenue et misogyne... 
Les bottes de sept lieues. 25 pages.
Une petite femme de ménage qui peine à élever son garçon, Antoine. Ils vivent de presque rien dans une chambrette sous les toits. Rien de matériel mais beaucoup d'amour. C'est ce qui fait défaut aux copains mieux nantis et quand tous se retrouvent à l'hosto après une chute cllective Antoine ressent douloureusement la misère de sa mère...
L'huissier. 9 pages.
Dur métier que celui-là, surtout quand on le fait avec une  arrière-pensée, comme celle d'entrer un jour au paradis!
En attendant. 12 pages.
Que de misère dans ces quelques pages ; à noter l'absurdité des habitudes de langage.
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