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Éditions Gallimard, 2002, pour la présente édition. 
L'indifférent. 11 pages. 
Quelques pages savoureuses aux dialogues ciselés où il est question de "marché parallèle", d'exploitation de l'état de guerre pour accomplir des actions délictueuses avec les honneurs du combattant de l'ombre si l'on est blessé mais sans oublier d'envoyer ces"copains"dans les griffes de la Gestapo, préventivement, pour nettoyer le terrain, et pouvoir opérer les crimes de droit commun en toute quiétude. Le titre de la nouvelle résume sans ambiguïté l'état d'esprit du narrateur.
La traversée de Paris. 38 pages.
L'inénarrable aventure de Jambier, Grandgil et du malheureux cochon dans le Paris du marché noir... Mais en noir, beaucoup plus noir que la version filmique. Martin tient un rôle prépondérant dans le récit.
La grâce. 11 pages.
Imaginez votre enfer en ce bas-monde si le Tout-Puissant vous désignait aux yeux de vos semblables en vous ceignant le chef d'une superbe auréole inamovible! L' épouse du saint incarné voit le miracle d'un oeil meurtrier... D'autant plus qu'il devient la coqueluche des grenouilles de bénitier. Il faut agir et vite avant que la situation matrimoniale ne vire au drame. Notre héros égrène donc les péchés-capitaux tant qu'à faire- et s'y adonne le coeur léger. Immoral et drôle à souhait!
Le vin de Paris. 10 pages.
Un brave vigneron du pays d'Arbois est affecté d'une tare honteuse: il n'aime pas le vin! L'auteur le délaisse donc pour nous conter l'obsession du vin qui aliéna un petit fonctionnaire pendant la guerre. Et il nous ramène chez notre vigneron qui a fini par guérir de sa malédiction en Pays d'Arbois. A ne pas manquer: le soliloque d'une page et demi sur le Félicien qui sucre les fraises...
Dermuche. 8 pages.
La naissance de l'enfant Jésus revisitée par l'auteur, dans une cellule de condamné à mort, avec un procureur nommé Leboeuf... un avocat Bridon et des victimes Bridaine. Conte qui fleure bon l'anticléricalisme primaire et les croyances qui transfigurent.
La fosse aux péchés. 14 pages.
Notre auteur revisite le mythe du veau d'or en campant des contemporains lambda qui vendent leur âme au diable pour s'épanouir dans l'abjection. Édifiant! Voici encore les sept péchés capitaux à l'oeuvre. Ce conte se termine par une recommandation pleine de bon sens en forme de morale...
Le faux policier. 11 pages.
Nous voici replongés dans l'univers trouble de la guerre et de ceux qui choisirent de survivre en exploitant la détresse des plus vulnérables. Martin en fait partie.
La bonne peinture. 51 pages.
Une histoire de marchands de tableaux et de critiques d'Art. De peintre et de peinture qui ne nourrit pas son homme. et de l'Art qui est un bon placement, tout compte fait, sauf pour celui qui l'a crée ça va sans dire. Une histoire de peintre maudit, de bohème et de juteux investissements... Et la guerre et les tickets de rationnement et la corruption et les souvenirs qui hanteront à jamais ceux qui l'ont vécue.
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