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Éditions Gallimard, 2002, pour la présente édition.
Le mauvais jars. 14 pages.

  Les petites jouent à la paume, un jars arrive, leur conteste le droit d'utiliser son pré, les pince cruellement toutes les deux et pour finir leur confisque la balle! Un âne qui assiste de loin à l'algarade leur crie comment venir à bout de ce volatile belliqueux, elles sont si effrayées qu'elles fuient sans rien tenter.

  La mère oie si douce est bien à plaindre, ainsi que les oisons. Leur père leur enjoint de jouer à la balle et se lance dans une démonstration. Quand il tente triple virette de curieux signes d'étourdissement le saisissent et il perd la face... Les petites rentrent sans leur jouet, heureusement les parents sont préoccupés par la précocité de l'hiver, ils ne remarquent rien.

  L'âne si doux et si décrié pour sa prétendue bêtise que le mauvais jars met en avant va jouer un bon tour à ce prétentieux et permettre à Delphine et Marinette de retrouver balle et tranquillité d'esprit.

  Mignonne fabulette sur l'intolérance, l'étroitesse d'esprit, le véhicule des a priori, ces adages que l'on se transmet de génération en génération et qui n'ont pas de fondement.

L'éléphant. 14 pages.

  Il pleuvait tant en ce dimanche, que les parents ayant revêtu leurs beaux habits décidèrent de ne pas emmener les petites chez l'oncle Alfred. Elles seraient mieux au chaud. Elles promirent, naturellement, de ne faire rentrer quiconque dans la cuisine.

  Bientôt, elles s'ennuyèrent et décidèrent de jouer à l'Arche de Noé, si les animaux acceptaient. Ils virent là une occasion attrayante de passer l'après-midi et s'entassèrent dans la cuisine. Naturellement, les petites ne prirent qu'un exemplaire de chaque espèce, car la place manquait. Le boeuf, le cheval, le mouton, le cochon, la vache et la volaille se serrèrent et Delphine s'adjugea le rôle du pilote, elle devait éviter les écueils tandis que Marinette envoyait ou pas la vapeur...

  Mais une poulette blanche regrettait de ne pas avoir été choisie. Delphine lui mit alors un marché en main: elle participerait au jeu à condition de tenir un rôle d'éléphant. Marché conclu: la poulette observa des images dans un livre et se persuada tellement d'être un éléphant que toute sa physionomie se transforma et qu'elle devint éléphant. Le pauvre cochon eut la peur de sa vie, lui, qui, déjà pleurait famine, d'autant plus que si l'Arche venait à s'échouer il craignait d'être dévoré par ses comparses.

  Une fois qu'on eut affronté le déluge, un an durant, il fallut évacuer tous les pensionnaires, car les parents allaient revenir de leur sortie dominicale. Problème: l'éléphant qui ne passait pas les portes. On l'enferma dans la chambre et on s'employa, au retour des parents à les empêcher d'en franchir le seuil. Les bruits des pas de l'éléphant qui secouaient la maison étaient inexplicables et, malgré la complicité du chat, il fallut se résoudre à aller voir dans la chambre...

  Comment, me direz-vous, une poulette qui se transforme en éléphant, ça vous étonne? Et les animaux qui parlent, qui jouent alors? Oui. C'est très commun, dans les contes. Tandis que la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, on sait ce qu'il en advint! 

La buse et le cochon. 13 pages.

Delphine, Marinette, le chat, la petite poule blanche, l'âne viennent d'apprendre que les parents vont exécuter le cochon pour améliorer l'ordinaire. D'abord philosophe et docile à l'énoncé de son proche avenir le cochon décide tout de même de forcer la main du destin. Avec l'aide du boeuf blanc, esprit élevé( d'autant plus amène qu'il vient enfin de résoudre un solide problème d'arithmétique) les petites transforment le cochon en... (lisez ces quelques pages pour savoir si le bricolage fut facile!) volatile qui échappa à l'abattoir.

Knate. 8 pages.

Un long soliloque qui en cette année 36 fait le point sur l'antisémitisme, la fraternité entre les peuples, le communisme et l'instruction. Qui s'épanche ainsi? Le tailleur (je suppose que "c'est du vécu") qui fait un nouveau costume à notre auteur probablement. Même si l'habit ne fait pas le moine et il en pense long sur les moines...

Non dénuées d'intérêt pour l'éclairage qu'elles nous apportent sur l'atmosphère d'une époque bien précise ces quelques pages sont déplacées au mileu des Contes du chat perché.

Bergère. 4 pages.

Il n'est pas facile de renverser l'ordre des choses et d'ailleurs est-ce souhaitable? Si la petite fermière ferait une reine fort empêtrée il est incontestable que le prince élevé en vase clos ne saurait se distinguer dans les rudes travaux agricoles, et ça, Mariette le comprend bien, dotée qu'elle est d'un solide bon sens paysan.

Manquer le train. 5 pages.

Quelques instants d'assoupissement dans la torpeur de l'été et un rêve visite notre héros; il revoit ses premiers émois et ses écarts aussi. Brusquement il prend ombrage de la conduite de son épouse. A son éveil elle se tient devant lui et ils reprennent le cours affadi de leurs existences de rentiers désoeuvrés.

L'âne et le cheval. 13 pages.

   Et revoilà les rêves les plus fous de Delphine et Marinette : vivre dans la peau d'un de leurs animaux préférés. Delphine a un penchant pour l'âne si doux, Marinette serait cheval. Elles échangent leurs souhaits avant de s'endormir...

  Grand émoi au réveil: plus question d'entrer dans sa jupette, ni de partager les repas des parents quand on est quadrupède. D'abord fort émus de la disparition des fillettes, les parents, opportunistes, ne manquent pas d'exploiter la situation en mettant sous le joug les deux équidés, qui reçoivent leur part de coups quand ils ne donnent pas satisfaction.

  Heureusement que le cauchemar s'achève et que les fillettes retrouvent avec bonheur les bancs de l'école...

  Dans ce conte les deux enfants observent une fois de plus la façon cavalière qu'ont leurs parents de traiter les animaux de ferme. Elles sont à l'âge où elles n'ont pas le souci de la rentabilité, seule compte l'amitié partagée avec les bestioles qui les entourent.

Le canard et la panthère. 13 pages.

Qui, enfant, n'a jamais rêvé, si ce n'est tenté, de prendre le pouvoir sur ses géniteurs, d'inverser les rôles ou du moins d'adoucir la sévérité des parents?

  Delphine et Marinette sont en butte aux décisions parentales. Ne veulent-ils pas se débarrasser du vieux cheval qui les a servis sa vie durant? Sa maigreur leur fait remettre la sentence. Le canard quant à lui est suffisamment dodu pour qu'ils veuillent le passer à la casserole. Marinette et Delphine lui enjoignent de prendre les airs pas plus tard que demain matin pour échapper à son triste sort. Il est un peu réticent, ses connaissances en géographie n'étant pas bien étayées mais il part faire un tour du monde.

  Trois mois plus tard il s'en revient, accompagné d'une panthère! Cet été-là les parents sont obligés de lâcher du lest et même ils réapprennent à jouer; ils sont bientôt les plus acharnés. Chaque soir il faut que le sage canard les gourmandent pour qu'ils acceptent d'aller dormir... Quand on ne joue pas à la veillée, le canard fait profiter ses amis de ses découvertes planétaires, allant jusqu'à comparer les bienfaits de tel ou tel régime politique... Il n'y a guère que le cochon pour détester le sauvage félin( qui a promis de ne se nourrir que de nuisibles comme son cousin, le chat).

  Puis un matin le cochon disparaît, il est vrai qu'il a vraiment un sale caractère, qu'il ne manque pas aux autres mais dès lors  un malaise plane sur la bonne entente à la ferme...

Le paon. 14 pages.

Voici quelques pages qui font appel à nos canons de la beauté et si le dicton affirme qu'il faut souffrir pour être beau, ayons une pensée charitable pour toutes celles et ceux qui s'affament afin de garder leur taille de guêpe.

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