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P.O.L éditeur
2008
Prix Goncourt

 

  Ce livre est déstabilisant, très. Syngué sabour vient du perse, de la mythologie. Cette pierre magique on la pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances...On lui confie tout ce qu'on n'ose pas révéler aux autres... On est délivré le jour où ayant tout absorbé comme une éponge, elle éclate. Ainsi en sera-t-il de l'homme prisonnier de son coma qui va recevoir les confidences de la femme qui le maintient en vie. Sa femme. La femme qu'il a reçue comme épouse au sortir de trois ans quelque part dans le maquis, avec laquelle il a eu des relations sexuelles. Point. Pas de conversation, d'échanges, de complicité. Des relations bestiales. Tout ce qu'Il n'a jamais voulu savoir, le triste et le sublime, le caché et le ressenti Elle va le lui instiller petit à petit. C'est presque un huis-clos, une pièce rectangulaire, petite, des matelas, un grabat, des fillettes qu'Elle conduit à l'abri chez sa tante. Sa tante, le seul secours qui lui reste, tous ont fui. La guérilla arrive jusqu'à sa porte. On étouffe avec Elle. C'est écrit comme une pièce de théâtre, avec du recul, des détails sur le décor, les vêtements. Et Elle déroule sa litanie, jour après jour, jusqu'à ce qu'éclate sa pierre de silence.

  Tout est figé ou c'est tout comme. Ce roman nous rappelle que toutes les femmes ne vivent pas des romances et qu'elles puisent parfois le courage de résister. Et Celle-ci en est l'incarnation: contre le père, la belle-mère, la répudiation, le soldat, le silence... Beau témoignage, écrit par un homme.  

A lire.

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