Éditions Payot & Rivages, 2003
Prix SNCF du Polar 2004-2005
Un univers étouffant où toutes les misères du monde se côtoient. Pauvres bougres vivant dans la rue ou en foyer. Deux lots dans cette population: les Apprentis qui acceptent une forme de
réinsertion, de participation aux tâches ménagères et qui sont à demeure au Foyer, logés, nourris, vêtus; et les Provisoires qui n'acceptent pas de rester sur place et attendent chaque soir une
possible place pour dormir.
Ils sont pour beaucoup des Sans-Nom, par choix souvent, tel Jonas qui vit sous une passerelle enjambant le Rhône et qui avale chaque soir un cocktail " la Baleine rose" sirop contre
la toux- alcool, qui le fait sombrer pour quelques heures. Il fuit son passé, sa lâcheté, ses conséquences. C'est à ses côtés que l'on retrouvera le corps d'un autre Sans-Nom, Gégène,
carbonisé.
Et il y a le groupe des soignants, des dévoués. Le directeur du foyer, son épouse, bénévole, Jef, l'éducateur, Martine sa copine... Odile sa soeur, vétérinaire. Eux aussi ont du mal à
taire les angoisses qui les rongent.
Il y a surtout la cuisine de Habiba qui se dévoue à ses pensionnaires, qui leur garde les biscuits rassis dont fait cadeau Mme Dozier, la boulangère. Parmi les chouchous de
l'Algérienne: Mehdi, petit vieillard souffreteux, Nano, qui jongle... et Jonas.
Nakusha, la Non-Voulue, a adopté une chienne infirme qu'elle a choisie car elle est son reflet. Encore une Sans-Nom.
Les morts atroces se succèdent autour du Foyer, la fête de la Musique manque de tourner à la tragédie, tous vont très mal, tentant d'exister malgré les plaies de la
jeunesse qu'ils n'ont pas cautérisées.