Gallimard, 2002
Le lieu: le Vercors, une station expérimentale d'agronomie, Station n°37. Le temps: début des années 2000. Les personnages: le SOS, dirigé par le Chameau, secondé de Labaume, colonel, et
de ses hommes Nord, née femme, Sud, Est et Ouest. Ils doivent intervenir pour éviter que des pollutions engendrées par les fuites de la Station n°37 ne fassent trop de vagues. D'abord obliger
Poitevin, directeur-chimiste à analyser la pollution pour évaluer les dispositions à prendre. Ensuite convoyer le cadavre de la chienne intoxiquée à Lyon, pour corroborer les soupçons de
pollution. Rien que de très classique. Sauf que des grains de sable vont insidieusement saper l'entreprise du SOS. C'est le vol de la camionnette réfrigérée contenant les restes de la chienne par
un jeune couple, qui fait réagir Vincent Mazel, sorte de coeur pur tombé par hasard dans le chaudron du banditisme. Sauf que le scandale écologique va être étouffé dans l'oeuf: c'est
l'enquête menée par l'inspecteur à deux doigts de la retraite qui choisit la pêche à la vérité, c'est Poitevin qui glisse au fond d'un ravin quand il allait tout révéler au grand jour... Des
morts il y en a presque à chaque page. Malgré la noirceur du sujet on rit beaucoup, les dialogues sont ciselés, le comique de situation affleure à pleines pages, les personnages sensés
représenter la loi sont odieux, les petits malfrats sympathiques! Le conteur nous prend à témoins, nous glisse des indices, nous baigne dans la poésie d'une rencontre, dans des réminiscences
littéraires ( relevé page 168 "Au fin fond du Vercors c'était pas normal: on ne devait entendre que le silence de la mer... fine allusion à Vercors , Le silence de la mer !)Seule Dame nature (et nous et nous...) aurait à se plaindre de cette fable si par malheur pour nous elle venait à voir le
jour; version pessimiste "a eu à se plaindre ( et nous, et nous...)si par malheur pour nous elle a déjà eu lieu".
Récit réjouissant à ne pas rater!